13/09/2006

INCONCEVABLE

 

Quand arrive la nuit, la lumière se vide :

      Mon corps est un désert aride.
Les heures rejettent les ombres du passé :

      Mon cœur est un océan asséché.
J’ai décollé les mots de ma souffrance :

      Ils se nourrissent de mes silences.
Lorsque le Mistral sème mes multiples blessures

       Mon âme fragile se fissure.

 

      Le passé… Inutile de le retenir

            Dans sa course folle.

 

Seuls, les mots d'encre revendiquent l'avenir:

      Ils forment une grande farandole

            Qui efface l'ennui.
Inconcevable, le silence prend la parole,

            En déchirant la nuit.
Il prend sous sa protection cellulaire

      Les éternels mots épistolaires,

            Seuls, digne de lui.

      Aussi, je regrette ces riens

      Qui faisaient que j'étais bien.

 

                 28  OCTOBRE  2001

 

 

07:35 Écrit par Po dans Spleen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/09/2006

FROIDURE

De savoir que notre été est bien fini, mon âme frissonne.
Dehors, règne un silence mortel : aucun pas ne résonne.
L’absence est un froid plus redoutable que le dur hiver

Qui pourtant recouvre de neige les grands sapins verts.
      L’insomnie selon son bon vouloir,

      Fracture les portes de mes yeux noirs.

Tel un beau rayon de soleil, tu illuminais ma vie :

De peur d’y perdre la vue, ne te regardais qu’à demi.
Je t’aime et j’ai regretté et pleuré d’être aussi ronde :

Pour en témoigner, il y a les innombrables secondes.
      Les étoiles ont pris mes joies et mes rires.
      Mes lèvres sensuelles n’ont plus de plaisir !

 

Mon cœur engourdi par tes baisers ne se délivre :

Faut-il, pour l’entendre battre, gratter le givre ?
Aussi sûr que quand le ciel s’assombrit, il va pleuvoir,

Mon âme immortelle se meurt de ne pouvoir te voir.
      La lune charnelle, selon ses désirs,

      Se joue de mes larmes à loisirs.

      Ceux qui n’ont pas connu le mal d’aimer,

             Ici-bas, ont tout ignoré.

 

 

           4  OCTOBRE  2001

15:17 Écrit par Po dans Spleen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

PROVISOIRE

        Il n'y a que la mort qui est provisoire!
Au-delà du réel, l'âme après notre histoire,
Invente autre chose que nous ignorons.
La mer salée vend ses secrets à l'horizon
Et l'oiseau migrateur a la connaissance
De cet après que nous cherchons
        Depuis notre enfance.

        Mais pour l'heure, je voudrais défaire
        Le temps: "Qu'ai-je fait sur cette terre?"
N'y aurait-il de définitif que mon désespoir?
Pour écrire des vers, mon mal est-il nécessaire?
Pourquoi faut-il encore pleurer dans le noir?
Pourtant j'ai tout dit de mon amour à la mer.

        Il n'y a que la mort qui est provisoire!
Au-delà des corps, la nature écrit notre mémoire.
L'oiseau migrateur connaît le langage
De tous les pays de son long voyage
Et la mer, dans ses eaux profondes,
        Garde la clé du monde.

Mais pour l'heure, j'ai encore à faire l'apprentissage
De la vie: " Verrai-je, un jour, d'autres paysages? "
N'y aurait-il de définitif que mes pleurs et mon malheur?
Le noble amour véritable ne serait-il qu'illusoire?
Pourtant j'ai tout dit de ma vie à l'oiseau migrateur.

        Le bonheur aussi n'est que provisoire!

                22 janvier 2002



12:34 Écrit par Po dans Spleen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

UN PRIX EXORBITANT

Tu es là ! O Mars ! Tu m’assistes

Dans ma peine et dans ma douleur.

      Si tu pouvais accélérer les heurs

      Pour qu'au lieu de demain triste,

Ce soit après...après...après demain.
Je sens déjà, de la nuit, la fraîcheur:

Une étoile parait... Un jour s'éteint...
Encore un de plus, sans toi, sur ma liste.

L'étoile a beau me répéter ces mots:

      _" Ne vis que l'instant présent!"

Je ne vis que pour ce jour, pourtant,

Qui viendra, mais jamais assez tôt,

Où je serais dans tes bras à nouveau.

Mes yeux, avec le brouillard du souvenir,

      Ne peuvent voir arriver l'avenir.
Mon coeur ne peut s'acclimater à l'absence.
Mon âme sait les moindres recoins du silence.
Si bien que pour eux, point de surprise,

       Au tournant de ma vie grise!

 

Ma mémoire écrasée sous le poids du passé

      S'essouffle et abîme mon moral.
Si bien qu'insupportable est mon mal!

Mon âme d'enfant voudrait débarrasser

            Les tiroirs de ma chair

            De ta présence très cher.
Mon coeur de femme voudrait retrouver

            La paix en secouant son sang

            A la fenêtre de mes 40 ans.

O distance! O solitude! Laissez-moi rêver

De lui! Même si j'en paye un prix exorbitant.


                          15  MARS  2002

12:03 Écrit par Po dans Spleen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/09/2006

LE POETE

      Un cri pourrait lézarder ce silence précaire

Mais, il a peur de vieillir s’il se risque à le troubler.

Les mots ne savent plus à quelle fontaine s'abreuver!

La parole ne fait pas bon ménage avec le solitaire:

Le poète et le monde? La solitude dresse entre eux

      Des barricades jusqu'aux cieux.

Ma poésie pourrait bousculer l'anonymat sombre

Mais, elle a peur de décevoir si elle sort de l'ombre.
Les vers moroses construisent un silence habitable

Où parfois mon âme et mon coeur sont en désaccord.
Avec l'absence, mon âme veut positiver, mais mon corps

Capte que des ondes négatives de mon portable.

      Une larme pourrait broyer ce silence mortuaire

Mais, elle a peur de mourir si elle se risque à naître.
Les consonnes se disputent la place pour être

Devant la scène, les voyelles restant derrière.
Le poète et l'amant? La distance les plonge

      Dans un écho qui se prolonge.

                  12  NOVEMBRE  2002

15:49 Écrit par Po dans Spleen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |